Conseils santé · 11 min de lecture

Probiotiques : comment bien les choisir (souches, UFC, conservation) ?

Ce qu’est vraiment un probiotique, pourquoi tout dépend de la souche, comment lire les UFC, ce que disent les études après antibiotiques et comment les conserver quand il fait chaud.

Par L’équipe alaz · Publié le

La réponse courte

  • Un probiotique est un micro-organisme vivant qui, pris en quantité suffisante, a un effet bénéfique démontré sur la santé (définition FAO/OMS).
  • L’effet dépend de la souche, pas seulement de l’espèce : cherchez des souches identifiées par un code (par exemple L. rhamnosus GG) plutôt qu’un simple nom de bactérie.
  • Le nombre d’UFC (unités formant colonie) compte, mais un chiffre plus élevé n’est pas forcément meilleur : la bonne dose est celle qui a été étudiée pour la souche.
  • Avec des antibiotiques, les études montrent moins de diarrhées chez les personnes qui prennent certaines souches, mais le sujet reste débattu.
  • Immunodépression, maladie grave ou cathéter veineux central : pas de probiotique sans avis médical.

Gélules, sachets, yaourts « au bifidus », poudres pour enfants : les probiotiques sont partout en pharmacie et en parapharmacie au Maroc, avec des étiquettes qui se ressemblent et des promesses qui varient beaucoup. Ce guide explique ce qu’est vraiment un probiotique, comment lire une étiquette (souche, UFC, protection contre l’acidité de l’estomac), ce que disent les études après un traitement antibiotique, et comment conserver vos gélules quand il fait chaud.

Qu’est-ce qu’un probiotique, exactement ?

La définition de référence vient d’un groupe d’experts de la FAO et de l’OMS, reprise en 2014 par l’Association scientifique internationale pour les probiotiques et les prébiotiques (ISAPP) : un probiotique est un micro-organisme vivant qui, administré en quantité suffisante, apporte un bénéfice pour la santé de la personne qui le consomme.

Trois conditions sont donc réunies : le micro-organisme est vivant au moment de la prise, la dose est suffisante, et un bénéfice a été montré chez l’humain. Une bactérie « bonne pour l’intestin » sans étude derrière n’est pas, au sens strict, un probiotique.

Prébiotique, postbiotique, symbiotique : les autres mots de l’étiquette

  • Prébiotique : une fibre (inuline de chicorée, par exemple) qui sert de nourriture à certaines bactéries de l’intestin. Ce n’est pas un organisme vivant.
  • Postbiotique : des micro-organismes inactivés, souvent par la chaleur, ou leurs composants. Ils n’ont pas besoin de survivre pour être stables.
  • Symbiotique : un produit qui associe probiotiques et prébiotiques.

Et le lben, le raïb ou le yaourt ?

Les laits fermentés contiennent des bactéries vivantes et ont toute leur place dans une alimentation équilibrée. Mais leurs souches sont rarement identifiées et leur quantité n’est pas mesurée : on ne peut pas les comparer à un complément dont chaque souche est nommée et dosée.

Pourquoi le bénéfice dépend-il de la souche ?

Le nom complet d’un probiotique comporte trois niveaux : le genre (Lactobacillus, Bifidobacterium…), l’espèce (rhamnosus, lactis…) et la souche, désignée par un code (GG, B94, Rosell-175…). Deux souches de la même espèce peuvent se comporter très différemment.

Le NCCIH, l’agence américaine de santé chargée des médecines complémentaires, le résume ainsi : si un Lactobacillus précis donne un résultat, cela ne veut pas dire qu’un autre Lactobacillus, ou un Bifidobacterium, fera de même. L’Organisation mondiale de gastroentérologie (WGO) demande d’ailleurs que l’étiquette indique le genre, l’espèce et le code de chaque souche. Un produit qui écrit seulement « ferments lactiques » ou « bifidus » ne permet pas de savoir ce que vous prenez, ni de le relier à une étude.

Un point important : en Europe, aucune allégation de santé n’est autorisée pour les probiotiques. Un fabricant sérieux décrit sa formule et ses souches, sans promettre d’effet sur une maladie.

Comment choisir un probiotique : UFC, souches, gastro-résistance

Les UFC : combien en faut-il ?

L’UFC (unité formant colonie) mesure le nombre de bactéries capables de se multiplier. Selon la WGO, beaucoup de produits vendus sans ordonnance apportent 1 à 10 milliards d’UFC par dose, mais il n’existe pas de dose valable pour tous les probiotiques : certaines souches ont montré un effet à 100 millions d’UFC par jour, d’autres demandent des centaines de milliards. La bonne dose est celle qui a été testée chez l’humain pour la souche concernée.

Autre détail à vérifier : à quel moment le nombre d’UFC est-il compté ? Les bactéries meurent peu à peu pendant le stockage. La WGO recommande d’indiquer le nombre de bactéries vivantes à la fin de la durée de conservation, et non à la fabrication. Si l’étiquette parle d’UFC « à la fabrication » ou « à la mise en œuvre », le nombre réel à la date limite sera plus bas.

La gastro-résistance

L’acidité de l’estomac, la bile et les sucs digestifs détruisent la plupart des micro-organismes avalés. Les fabricants protègent donc leurs souches de différentes façons : gélule gastro-résistante qui s’ouvre plus loin dans l’intestin, microencapsulation, matrice protectrice autour des bactéries, ou choix de souches naturellement plus résistantes. Aucune méthode n’est la meilleure dans l’absolu. Ce qui compte, c’est que le fabricant explique sa technique et, idéalement, que la souche ait été retrouvée vivante dans l’intestin dans une étude.

Sur l’étiquetteCe qu’il faut chercherSignal d’alerte
SouchesGenre, espèce et code de chaque souche (B. lactis B94, L. rhamnosus GG…)« Ferments lactiques », « bifidus » sans autre précision
UFCNombre par dose journalière et par souche, compté à la date limiteAucun chiffre, ou un chiffre total sans détail
ProtectionTechnique expliquée (gélule gastro-résistante, matrice, microencapsulation)Aucune information sur la survie des souches
ConservationTempérature maximale indiquée, conseil de réfrigérationAucune consigne de conservation
PromessesDescription de la formule, sans allégation de maladie« Répare l’intestin », « booste l’immunité », promesses chiffrées sans étude
Grille de lecture indicative, inspirée des recommandations de l’Organisation mondiale de gastroentérologie (2023).

Faut-il prendre des probiotiques après des antibiotiques ?

Les antibiotiques perturbent la flore intestinale, et une partie des personnes traitées ont la diarrhée. C’est la situation où les probiotiques ont été le plus étudiés.

  • Chez l’enfant, une revue Cochrane de 2019 (33 études, 6 352 enfants) a trouvé une diarrhée chez 8 % des enfants sous probiotiques, contre 19 % dans les groupes témoins. Les meilleurs résultats concernaient L. rhamnosus ou S. boulardii, à 5 à 40 milliards d’UFC par jour. Les auteurs jugent les preuves de certitude modérée.
  • Chez l’adulte, une méta-analyse de 2021 (42 études, 11 305 participants) a observé un risque de diarrhée réduit de 37 % quand un probiotique était pris pendant les antibiotiques, avec des preuves de qualité modérée. Seules certaines espèces, surtout des lactobacilles et des bifidobactéries, étaient efficaces.

Dans ces études, le probiotique est pris pendant toute la durée de l’antibiotique. La WGO cite par exemple L. rhamnosus GG et S. boulardii à au moins 5 milliards d’UFC par jour. En pratique, on espace souvent les deux prises d’environ 2 heures.

Une étude invite à la prudence

En 2018, une équipe israélienne a suivi la flore intestinale de volontaires après un traitement antibiotique (Suez et coll., Cell). Chez ceux qui prenaient un mélange de probiotiques, le retour de la flore d’origine a été plus lent et moins complet que chez ceux qui ne prenaient rien. L’étude portait sur peu de personnes et ne mesurait pas de symptômes, et l’ISAPP a critiqué les conclusions tirées dans la presse. Elle rappelle tout de même qu’un probiotique n’est pas neutre et que « plus » n’est pas toujours « mieux ».

Si vous êtes sous antibiotiques, le plus simple est d’en parler à votre médecin ou à votre pharmacien, qui connaît votre traitement. Une diarrhée forte, avec de la fièvre ou du sang, demande de consulter sans attendre.

Comment conserver ses probiotiques quand il fait chaud ?

Un probiotique est un produit vivant : la chaleur et l’humidité accélèrent la mort des bactéries. Au Maroc, l’été, la température d’une pièce ou d’une voiture dépasse facilement celle que supportent beaucoup de formules.

  • Lisez la consigne du fabricant. Certaines formules se gardent à température ambiante jusqu’à un certain seuil, d’autres doivent aller au réfrigérateur dès l’ouverture.
  • En été, le réfrigérateur est plus sûr, dans le flacon bien fermé, loin du congélateur.
  • Évitez la salle de bain, la boîte à gants et le rebord de fenêtre au soleil.
  • Rangez le flacon dès réception de votre commande, sans le laisser dans un sac au chaud.
  • Refermez bien le couvercle : l’humidité abîme aussi les gélules.

Combien de temps faire une cure ?

Il n’existe pas de durée universelle. Avec un antibiotique, les études prennent le probiotique pendant tout le traitement, parfois quelques jours de plus. Pour un confort digestif général, les fabricants conseillent le plus souvent une cure d’un à trois mois, renouvelable.

  • Les premiers jours, des gaz ou des ballonnements légers sont possibles ; ils passent en général en quelques jours.
  • La régularité compte plus que l’heure : prenez vos gélules chaque jour au même moment, par exemple au petit-déjeuner.
  • Pendant le Ramadan, prenez-les au shour ou au ftour, avec un grand verre d’eau.
  • Si rien ne change après un ou deux mois, ou si vos troubles s’aggravent, parlez-en à un médecin plutôt que de changer de produit en boucle.

Précautions : qui doit éviter les probiotiques ?

Chez une personne en bonne santé, les probiotiques courants sont bien tolérés. Le risque augmente chez les personnes fragiles : le NCCIH rappelle que les effets indésirables sont plus probables en cas de maladie grave ou de système immunitaire affaibli.

  • Immunodépression (chimiothérapie, greffe, traitement immunosuppresseur) et maladie grave ou hospitalisation : pas de probiotique sans avis médical. De rares infections du sang liées à des probiotiques ont été décrites chez ces patients.
  • Cathéter veineux central : en France, l’ANSM contre-indique la levure S. boulardii chez les porteurs de cathéter central et chez les patients en état critique ou immunodéprimés, en raison de cas de fongémie (infection du sang par la levure).
  • Nourrissons prématurés : des infections graves, parfois mortelles, ont été signalées ; la FDA américaine a alerté les médecins.
  • Grossesse et allaitement : demandez conseil à un professionnel de santé avant de commencer.
  • Enfants : suivez l’âge minimal indiqué et demandez l’avis du pédiatre.
  • Troubles digestifs persistants (diarrhée qui dure, douleurs, sang dans les selles, perte de poids) : consultez avant toute cure, un probiotique ne doit pas retarder un diagnostic.

Notre sélection chez alaz

Les Probiotiques de Novoma réunissent 5 souches identifiées par leur code : B. lactis LAFTI B94 (15,6 milliards d’UFC), L. plantarum Rosell-1012 et L. rhamnosus GG (3,2 milliards chacune), B. longum Rosell-175 (2,2 milliards) et L. acidophilus Rosell-418 (0,8 milliard), soit 25 milliards d’UFC pour 2 gélules. S’y ajoutent 60 mg d’inuline de chicorée et un postbiotique, L. plantarum HA-119 inactivé par la chaleur. Les souches sont protégées par une matrice brevetée (Bio-Support) plutôt que par une gélule gastro-résistante. La marque conseille 2 gélules par jour au petit-déjeuner, et de garder le flacon au réfrigérateur quand la température dépasse 21 °C. La formule est végane et fabriquée en France.

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Questions fréquentes

Quel est le meilleur moment pour prendre des probiotiques ?

Il n’y a pas d’heure idéale démontrée pour toutes les souches. Suivez le conseil du fabricant (souvent le matin, au petit-déjeuner) et surtout prenez-les tous les jours au même moment. Avec un antibiotique, espacez les deux prises d’environ 2 heures.

Plus il y a de milliards d’UFC, meilleur est le probiotique ?

Non. La dose utile dépend de la souche : certaines agissent à quelques centaines de millions d’UFC, d’autres demandent beaucoup plus. Un produit avec moins d’UFC mais des souches identifiées et étudiées est plus intéressant qu’un chiffre élevé sans précision.

Les probiotiques font-ils gonfler le ventre ?

C’est possible les premiers jours : des gaz ou des ballonnements légers apparaissent parfois, puis disparaissent en général en quelques jours. S’ils durent ou deviennent gênants, arrêtez la cure et demandez conseil.

Faut-il garder les probiotiques au réfrigérateur ?

Cela dépend de la formule : lisez l’étiquette. Au Maroc, en été, le réfrigérateur reste la solution la plus sûre pour la plupart des produits, car la chaleur réduit le nombre de bactéries vivantes.

Peut-on donner des probiotiques à un enfant ?

Certaines souches ont été étudiées chez l’enfant, notamment pendant un traitement antibiotique. Choisissez un produit prévu pour son âge et demandez l’avis du pédiatre, en particulier pour un nourrisson ou un enfant malade.

Probiotiques et charbon végétal : peut-on les associer ?

Le charbon actif fixe de nombreuses substances dans l’intestin. Par prudence, espacez les deux prises de plusieurs heures, comme pour un médicament. À lire aussi : Charbon végétal activé : à quoi sert-il et comment le prendre sans risque ?

Sources

Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Un complément alimentaire ne remplace pas une alimentation variée et équilibrée ni un mode de vie sain. En cas de traitement, de maladie chronique, de grossesse ou d’allaitement, demandez conseil à un professionnel de santé avant toute supplémentation.