Conseils santé · 10 min de lecture

Glucosamine et chondroïtine : ce que disent vraiment les études

Essai GAIT, méta-analyses, avis de l’EFSA et de l’ANSES : ce que la glucosamine et la chondroïtine peuvent vraiment apporter, à quelle dose, et qui doit les éviter.

Par L’équipe alaz · Publié le

La réponse courte

  • Les grandes études indépendantes montrent un effet faible ou nul de la glucosamine et de la chondroïtine sur les douleurs d’arthrose, et aucun effet démontré sur la reconstruction du cartilage.
  • L’EFSA a rejeté les allégations de santé demandées pour la glucosamine, seule ou avec la chondroïtine : aucune n’est autorisée en Europe.
  • Si vous voulez essayer, faites-le sur trois mois, puis arrêtez si vous ne constatez aucune différence.
  • À éviter sans avis médical en cas de diabète, d’asthme, de traitement anticoagulant ou d’allergie aux crustacés (glucosamine d’origine marine).
  • Une articulation gonflée, rouge ou chaude, ou une douleur accompagnée de fièvre, se montre à un médecin.

Genoux qui grincent, mains raides le matin, dos qui tire après une journée de travail : les compléments « articulations » à base de glucosamine et de chondroïtine sont parmi les plus achetés après 50 ans. Ils sont aussi parmi les plus étudiés, et les résultats sont moins spectaculaires que ce que promettent certains emballages. Ce guide résume honnêtement ce que disent les études et les autorités de santé, les doses utilisées, les précautions et les signes qui doivent vous amener à consulter.

Glucosamine et chondroïtine : de quoi s’agit-il ?

La glucosamine et la chondroïtine sont deux composants naturels du cartilage, le tissu lisse qui recouvre les extrémités des os dans les articulations. L’idée des compléments est simple : apporter les « briques » du cartilage pour l’aider à se maintenir. Le raisonnement est séduisant, mais il ne suffit pas : ce qui compte, c’est ce que montrent les essais cliniques.

  • Glucosamine : elle est le plus souvent extraite de carapaces de crabes ou de crevettes. Il existe aussi une glucosamine obtenue par fermentation, sans crustacés. Elle se présente sous forme de sulfate ou de chlorhydrate.
  • Chondroïtine : elle vient en général de cartilage de bœuf, de porc, de poulet ou de requin. Certaines formules la remplacent par des extraits d’algues censés en imiter la structure, qui n’ont pas été testés dans les grands essais cités plus bas.

Glucosamine et chondroïtine : que disent les études ?

L’essai GAIT, la référence indépendante

Financé par les instituts de santé américains, l’essai GAIT a suivi 1 583 personnes souffrant d’arthrose douloureuse du genou pendant 24 semaines. Elles recevaient 1 500 mg de glucosamine, 1 200 mg de chondroïtine, les deux, un anti-inflammatoire (célécoxib) ou un placebo. Résultat : ni la glucosamine, ni la chondroïtine, ni leur association n’ont fait significativement mieux que le placebo sur l’ensemble des participants. Le placebo soulageait déjà 60 % des personnes.

Dans un sous-groupe de personnes aux douleurs modérées à sévères, l’association a obtenu 79 % de répondeurs contre 54 % sous placebo. Les auteurs présentent ce résultat comme exploratoire : il demande à être confirmé.

Les méta-analyses

ÉtudeCe qui a été analyséConclusion
Wandel et coll., BMJ 201010 essais, 3 803 patients (genou, hanche)Baisse de la douleur de 0,3 à 0,5 cm sur une échelle de 10 cm, sous le seuil jugé perceptible par les patients. Aucun effet sur l’usure du cartilage à la radio.
Cochrane, glucosamine, 200520 essais, 2 570 patientsBénéfice sur la douleur avec une seule préparation de sulfate de glucosamine (dite « Rotta »), pas avec les autres ni dans les essais les mieux conduits.
Cochrane, chondroïtine, 201543 essais, 9 110 participantsPetit bénéfice sur la douleur à court terme (8 points sur 100), mais essais surtout de faible qualité, dont plusieurs financés par des fabricants.
GAIT, NEJM 20061 583 patients, 24 semainesPas de différence significative avec le placebo dans l’ensemble du groupe.
Principales synthèses sur la glucosamine et la chondroïtine dans l’arthrose du genou et de la hanche.

Un point revient souvent : les essais indépendants trouvent des effets plus faibles que les essais financés par l’industrie. Dans l’analyse du BMJ, cette différence était statistiquement nette.

Ce qu’en disent les autorités

  • EFSA (2009) : un lien de cause à effet n’a pas été établi entre la glucosamine, seule ou associée à la chondroïtine, et le maintien des articulations. Aucune allégation de santé n’est donc autorisée.
  • Sociétés savantes : elles ne sont pas d’accord entre elles. Le Collège américain de rhumatologie (2019) déconseille fortement la glucosamine et la chondroïtine dans l’arthrose du genou et de la hanche ; la société européenne ESCEO réserve sa recommandation à certaines formes de qualité pharmaceutique, vendues comme médicaments.

Quelles attentes réalistes avoir ?

Au vu des études, voici ce que vous pouvez raisonnablement attendre :

  • Au mieux, un confort un peu meilleur chez certaines personnes, surtout quand la gêne est modérée. Chez beaucoup d’autres, pas de différence nette avec un placebo.
  • Pas de « reconstruction » du cartilage : aucune étude solide ne montre que ces compléments réparent une articulation usée.
  • Des effets lents : les essais durent au moins plusieurs semaines. Jugez sur trois mois, pas sur quelques jours.

Ce qui a fait ses preuves reste moins vendeur mais plus efficace. Le Collège américain de rhumatologie recommande fortement l’activité physique (marche, vélo, renforcement musculaire, exercices dans l’eau) et, en cas de surpoids, la perte de poids, qui soulage directement les genoux et les hanches. Un complément ne peut venir qu’en plus.

Quelle dose de glucosamine et de chondroïtine ?

L’essai GAIT a utilisé 1 500 mg de glucosamine par jour, la dose de référence des études, et 1 200 mg de chondroïtine par jour. Beaucoup de compléments en contiennent moins, et associent d’autres actifs. Lisez donc l’étiquette en gardant ces chiffres en tête : une formule plus faiblement dosée ne peut pas se réclamer des résultats de ces études.

Les plantes souvent associées

  • Harpagophytum (griffe du diable) : l’Agence européenne du médicament (EMA/HMPC) reconnaît son usage traditionnel pour soulager les douleurs articulaires mineures chez l’adulte, sur la seule base d’un usage ancien. Si la gêne persiste plus de quatre semaines, il faut consulter.
  • Curcuma : l’épice de cuisine ne pose pas de problème. En complément, l’ANSES a signalé des cas d’atteintes du foie et recommande de ne pas dépasser 153 mg de curcumine par jour pour un adulte de 60 kg, et d’être plus prudent encore avec les formes « à absorption renforcée » (pipérine, phytosomes, micelles).
  • Bambou : il apporte du silicium. Il n’existe pas d’allégation de santé autorisée pour le silicium.

Précautions : qui doit éviter la glucosamine et la chondroïtine ?

En 2019, après des signalements d’effets indésirables (troubles digestifs, éruptions cutanées, démangeaisons, hépatites, purpura), l’ANSES a déconseillé ces compléments aux personnes suivantes :

  • Personnes diabétiques ou prédiabétiques : un effet sur la glycémie ne peut pas être exclu.
  • Personnes asthmatiques.
  • Personnes sous anticoagulant antivitamine K (warfarine, acénocoumarol, fluindione) : des saignements ont été associés à la prise de glucosamine et de chondroïtine.
  • Allergie aux crustacés ou aux insectes, pour la glucosamine d’origine animale.
  • Régime contrôlé en sodium, en potassium ou en calcium : la glucosamine est souvent vendue sous forme de sel.
  • Femmes enceintes ou qui allaitent, et enfants, faute de données.

Pour les formules qui contiennent de l’harpagophytum, ajoutez l’ulcère de l’estomac ou du duodénum (contre-indication) et les calculs biliaires (avis médical préalable), selon l’EMA. Pour le curcuma, les maladies des voies biliaires et certains traitements (anticoagulants, anticancéreux, immunosuppresseurs) imposent aussi la prudence. Si vous prenez un médicament au long cours, montrez l’étiquette à votre pharmacien.

Quand faut-il consulter un médecin ?

  • Une articulation gonflée, rouge ou chaude, ou une douleur accompagnée de fièvre.
  • Une douleur apparue après une chute ou un choc, ou une articulation qui se bloque ou se dérobe.
  • Une douleur qui réveille la nuit ou une raideur matinale qui dure longtemps.
  • Une gêne qui s’aggrave ou qui persiste malgré plusieurs semaines de complément.

Ces signes peuvent relever d’autre chose que l’usure, comme une inflammation ou une infection, et demandent un examen. Évitez aussi d’associer un complément à des anti-inflammatoires pris régulièrement sans en parler à votre médecin.

Notre sélection chez alaz

La Formule Articulations de Novoma est une formule 100 % végétale. Pour 3 gélules, elle apporte 500 mg de sulfate de glucosamine obtenu par bio-fermentation (sans crustacés), 400 mg de Phytodroitin™, une alternative à la chondroïtine à base d’algues (laitue de mer, fucus) et de hyaluronate de sodium, 206 mg d’extrait d’harpagophytum (dont 80 mg d’harpagosides), 250 mg de bambou (dont 187,5 mg de silicium) et 150 mg de curcuma (dont 142,5 mg de curcuminoïdes). Un flacon de 90 gélules couvre un mois ; le fabricant conseille une cure de 3 mois.

Pour être clair : cette formule ne contient pas de chondroïtine animale, et sa dose de glucosamine est inférieure à celle des essais cliniques. C’est une formule d’accompagnement, adaptée aux personnes qui évitent les produits animaux ou sont allergiques aux crustacés. Elle est déconseillée aux personnes diabétiques, prédiabétiques ou asthmatiques, sous anticoagulant, aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants. Retrouvez nos autres compléments dans les rayons Compléments alimentaires et Plantes et superaliments. Livraison partout au Maroc, paiement à la livraison.

Questions fréquentes

La glucosamine reconstruit-elle le cartilage ?

Non, ce n’est pas démontré. Dans les études qui ont mesuré l’espace articulaire à la radio, les différences avec le placebo étaient minimes. Au mieux, certaines personnes ressentent un peu moins de gêne.

Sulfate ou chlorhydrate de glucosamine : lequel choisir ?

Les résultats les plus favorables ont été obtenus avec une préparation pharmaceutique de sulfate de glucosamine. L’essai GAIT, négatif dans l’ensemble, utilisait du chlorhydrate. Les données ne permettent pas de trancher nettement, mais le sulfate est la forme la plus étudiée.

Au bout de combien de temps voit-on un effet ?

Comptez au moins un à trois mois de prise régulière. Si vous ne sentez aucune différence après trois mois, il est raisonnable d’arrêter plutôt que de prolonger.

Je suis diabétique : puis-je prendre de la glucosamine ?

L’ANSES le déconseille aux personnes diabétiques et prédiabétiques, car un effet sur la glycémie ne peut pas être exclu. Parlez-en à votre médecin avant tout complément pour les articulations.

Peut-on en prendre en prévention, sans douleur ?

L’EFSA a examiné cette question en 2012, y compris pour les personnes qui sollicitent beaucoup leurs articulations, et a conclu qu’un effet sur le maintien d’un cartilage normal n’était pas établi chez les personnes sans arthrose. Pour protéger vos articulations, l’activité physique régulière et un poids stable restent les meilleurs alliés.

Et pendant le Ramadan ?

Prenez vos gélules au ftour ou au shour, avec le repas et un grand verre d’eau. Vous pouvez répartir la dose entre ces deux moments.

Sources

Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien. Un complément alimentaire ne remplace pas une alimentation variée et équilibrée ni un mode de vie sain. En cas de traitement, de maladie chronique, de grossesse ou d’allaitement, demandez conseil à un professionnel de santé avant toute supplémentation.